![]() |
Le Patois creusois de Fresselines |
Quelques réflexions
sur le langage
Comme l'a bien souligné Jules MAROUZEAU dans son livre "Une enfance" (le meilleur ouvrage sur la Creuse et la paysannerie creusoise), les sentiments ne s'exprimaient pas. La pauvreté du langage en ce domaine est significative. Ce n'est pas que la dure vie de nos campagnes excluait la tendresse, l'amitié et même l'amour, non plus que la tristesse, mais une sorte de "tabou" implicite interdisait la manifestation de ce qui semblait sans doute une faiblesse, une vulnérabilité qu'il était préférable de dissimuler.
Nombre de femmes, cependant, à la manière des pleureuses antiques, clamaient leur désolation, sincère ou feinte, au décès d'un proche. Mais cela ne durait que le temps exigé par la bienséance et la tradition. Le mort mis en terre, le travail reprenait le dessus.
La litote, autre forme de langage citée par J. MAROUZEAU, s'inscrit sûrement dans ce contexte. On affirmait souvent par la négation du contraire:
co fiè pas frâye
co fiè pas chau
ou z'é pas vilain
co viè pas mal
etc.
En revanche le vocabulaire paysan était très riche en termes se rapportant aux sensations: ouïe, toucher particulièrement.
Même abondance de mots se rapportant aux travaux courants, aux outils, aux animaux domestiques et à leur comportement.
Maurice ROY