
La Résistance autour de Fresselines
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A Fresselines, le jour du banquet d'adieux de la Mission Interalliée. De gauche à droite : le capitaine "Richard", britannique, frère du commandant "Edouard"), le lieutenant "François" [plus tard auteur de "The OSS and I" - cf ci-dessous] , américian, le commandant "Edouard" (britannique), le lieutenant "Micheline", opératrice radio, irlandaise, le lieutenant "Alexandre", britannique, le lieutenant "André", britannique
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Le témoignage d'un Américain parachuté
en août 1944
pour aider les Réseaux creusois

"Les Services Secrets Américains et Moi"
par William J. MORGAN
Sous ce titre modeste ["The OSS and I" en anglais] se cache
non pas un roman mais le témoignage de William J. MORGAN,
alias "Lieutenant François",
un Américain parachuté à Fresselines pour aider la Résistance.
Il y décrit les actions
auxquelles il a participé, en Creuse puis dans le sud de l'Indre. Il sera
intéressant également de lire les jugements que porte cet Américain sur les
Maquisards français et la façon dont il les dépeint.
Les faits et personnages de ces
pages sont tous réels. L'attaque du Pont de la Farge, par exemple, a bien eu
lieu. Le "Commandant" mentionné dès les premières pages était le
"Commandant Anne", Alfred Maldant, directeur de l'école de
Fresselines.
Je propose ici la traduction que j'ai faite de ce livre publié en 1956 par William J. MORGAN.
Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de ces pages.
Vous pourrez aussi télécharger gratuitement la traduction des chapitres qui concernent la Résistance [50 pages, format PDF, 886 Ko] en cliquant ici. Vous pourrez alors le consulter hors-ligne, ou l'imprimer facilement.
Si vous préférez le télécharger au format ePub, destiné aux liseuses électroniques, cliquez ici.
L'ouvrage n'est plus édité aux Etats-Unis. A ma connaissance, aucune traduction en français n'en a jamais été faite.
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Le parachutage (13 août 1944)
Je tombai lourdement à terre et fis une roulade pour amortir le
choc. Puis, toujours couché
par terre, j'enlevai
les harnais du parachute, dégainai mon Colt 45 et me mis à scruter les alentours, l'arme au poing.
Tout autour de moi, les boîtes, les paniers et les containers étaient éparpillés, les parachutes flottant encore un peu. Je vis
bientôt des silhouettes qui couraient dans leur
direction et j'entendis des voix agitées qui discutaient en français. Les phares d'un camion les guidaient
dans leurs efforts pour rassembler le matériel. L'une des boîtes s'était ouverte en tombant et des hommes couraient et
criaient tout autour. Personne ne venait me chercher. "Qu'ils aillent au
diable !" dis-je tout haut et je me mis à replier mon parachute. Alors deux Français, ensemble, me montrèrent du doigt et l'un d'eux courut vers moi.
Je mis mon parachute sous le bras et avançai à sa rencontre. Il s'arrêta brusquement à une dizaine de mètres de moi. Dans mon meilleur français je lui dis "Comment allez-vous ?" II en resta bouche bée, à me dévisager. Sans dire un mot, il se
retourna et courut vers l'autre Français, plus vite qu'avant. Je le suivis. Ils avancèrent vers moi, côte à côte, chacun avec une Sten pointée vers moi. ''Je suis américain,'' dis-je. Ils ne répondirent pas. Je ne bougeais pas. Ils m'entourèrent, soupçonneux. "C'est une sacrée façon de traiter un Américain," dis-je tout haut. J'essayai
ensuite, en français, des jurons pas trop violents, mais leur
seule réponse fut de crier : "Levez ! Levez
! " en agitant violemment leurs Stens pour me faire comprendre de
lever les mains en l'air. Je hurlai des jurons, puis leur souris, dans l'espoir
de les provoquer. Ils gesticulaient avec leurs Stens en direction du camion.
Je me dirigeai vers la lumière des phares et ils me suivirent, sur mes talons.
Je m'aperçus qu'ils me prenaient peut-être pour un
Allemand. Ma tenue de parachutiste me couvrait de la tête aux pieds et je n'avais aucun insigne
visible qui aurait pu indiquer mon rang ou ma nationalité. (page 4)
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 Les illustrations des armes sont © Pierre Lorain 1972. Elles sont extraites de son ouvrage "Armement Clandestin - France - 1941-1944"
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. A gauche, le "Commandant Edouard". A droite, le "Commandant Anne" (Alfred Maldant), décrit dans le passage ci-contre.
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Le Commandant avait ce
type de l'officier français aristocratique, jeune, beau, toujours poli
et correct comme un Anglais, avec cependant l'exubérance latine. Il me prit la main droite dans
ses deux mains et me secoua le bras comme s'il s'agissait du levier d'une pompe
à eau, puis se pencha en avant et me dit très chaleureusement : "Avez-vous bien dormi ?"
(page 7)
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Il y avait une
cinquantaine de maquisards au Camp Moulin.
Quelques-uns avaient servi dans les rangs de l'armée, mais la plupart n'étaient que de jeunes campagnards affamés, mal habillés, qui avaient trouvé refuge dans les bois, soit pour échapper au camp de travail obligatoire en
Allemagne, soit pour venger un membre de leur famille qui avait été torturé ou tué par les Allemands . Le moral était bas. Ils obéissaient aux ordres et faisaient de leur
mieux pour apprendre, mais ils n'avaient pas l'esprit de combat. Ils haïssaient l'ennemi, mais ils le craignaient.
Le plus grand compliment qu'ils pouvaient faire à un soldat était : "Il n'a pas peur des Boches." (page 9)
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 © Pierre Lorain 1972
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 © Pierre Lorain 1972
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Embuscade
A 7 heures, au moment où le soleil allait se coucher, nous fîmes sauter le pont. Des
cailloux et des blocs de pierres furent projetés à des centaines de mètres (...). Les Maquisards, en tout une quarantaine, étalent répartis le long de le route, des deux côtés, sur une distance de
trois kilomètres dans la direction de Guéret. Les bazookas, les Piat
et les Brens avaient chacun trois hommes. Les lanceurs de grenades et les
tireurs étaient seuls à leurs postes. Chaque homme avait un champ de tir bien délimité. (...) Le grondement se rapprocha. Je vis les lumières pâles de la colonne arriver
en haut d'une côte, trois kilomètres plus loin. Ils avaient cessé de tirer dans les bois et les
champs environnants. Très lentement, ils descendaient vers le pont. Je m'accroupis derrière un rocher et je scrutai
la nuit. Je ne pouvais pas voir grand chose. Ils étaient bel et bien là, mais les phares, recouverts
de papier ou de tissu noir percé d'une fente, n'envoyaient que de faibles
rayons de lumière. Un char léger, suivi d'un camion, était en tête de la colonne. Le tank
arriva devant le pont et s'arrêta.
(page 22)
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Fin du séjour à Fresselines
Notre séjour à Fresselines nous obligeait à participer à deux
banquets par jour, où nous étions les invités d'honneur. On nous servait en quantité les meilleurs plats et les meilleurs vins. Le
déjeuner commençait à 1 heure de l'après-midi et finissait à
16 heures 30 ; le souper commençait à 7 h et se terminait souvent vers minuit. Nous étions véritablement
gavés de nourriture. Nos cerveaux étaient embrumés par le cognac et le champagne. L'alcool et la
nourriture commençaient à nous fatiguer. Nous étions obligés d'assister aux cérémonies du rasage de têtes. Les Français aimaient particulièrement raser les têtes des collaboratrices. Certaines n'étaient que de jolies prostituées dont le seul crime était d'avoir couché avec des Allemands. A la fin de ces cérémonies, nous buvions beaucoup pour oublier ce
spectacle. Après les combats exaltants, notre vie devenait
monotone. (page 49)
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Si ces extraits vous ont intéressé, vous pourrez aussi télécharger la traduction des chapitres qui concernent la Résistance [50 pages, format PDF, 886 Ko] en cliquant ici. Vous pourrez alors le consulter hors-ligne, ou l'imprimer facilement.
Si vous préférez le télécharger au format ePub, destiné aux liseuses électroniques, cliquez ici.
Pour des informations plus historiques et précises, voyez par exemple :
les ouvrages de Roger THOME "Le Groupement des Bataillons Anne", tome 1 et 2, imprimerie Lecante, Guéret, 1989 et 1991.
Ces ouvrages sont apparemment épuisés, mais le tome 1 est consultable sur Google books.
(Voir aussi le "Fonds Roger Thome" aux Archives Départementales de Guéret.)
BONNET (Jean), Creuse
1939-1945 : les années sombres, Ahun, 1997.
PARROTIN (Marc),
Immigrés dans la Résistance en Creuse, éd. Verso, Guéret, 1998.
PARROTIN (Marc),
La Résistance en Creuse, éd. Verso, Guéret, 1995.
PARROTIN (Marc), Le Temps du maquis, Aubusson, 1981.
http://www.creuse-resistance.fr
http://maquisardsdefrance.jeun.fr/
http://www.anacr.com/ (ancien combattants et amis de la résistance)

MAJ 24/12/2011